Le jeu en valait la chandelle. Malajube a pris plusieurs risques hier soir au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. En moins de deux heures, le quatuor a réussi à transformer les grimaces d’incrédulité en sourires jubilatoires.
Le groupe de Sorel-Tracy a – c’est le moins qu’on puisse dire – déstabilisé ses fans en début de concert. Fringués de chemises et de vestes à paillettes qui scintillaient sous les éclairages roses au néon, Julien, Francis, Mathieu et Thomas ont entamé le spectacle sur une note électronique.
Installés devant leurs synthétiseurs, ils y sont allés de versions réinventées de cinq de leurs chansons, au plus grand étonnement de l’audience. Un peu plus et on croyait avoir affaire aux gars de Misteur Valaire! Sur disque, les mélodies à la fois riches et instantanément accrocheuses de la formation semblent prêtes à toute éventualité, mais sous un déluge de rythmes synthétiques, même les plus solides d’entre elles plient l’échine. Ce fut entre autres le cas d’Hérésie, qui est passée de douce berceuse à bombe techno dance.
À ce stade-là de la soirée, l’énorme cube rubik illuminé qui surplombait la scène prenait des airs de mauvaise boîte à surprises... Voilà pourquoi on a tous poussé un soupir de soulagement lorsque les lumières de la salle se sont éteintes – marquant la fin de cette première partie – et qu’une harpiste a foulé les planches de l’enceinte. Pendant que la jeune femme jouait de son instrument, on pouvait entendre les murmures du public, qui se demandait sûrement ce que Malajube lui réservait.
Exit la programmation et les effets sonores dignes d’un party rave. À son retour sous le feu des projecteurs, le groupe a renoué avec ses guitares pour un segment qui évoquait l’ambiance des vieux saloons du far-west. Accompagné d’un chœur de six personnes, le quatuor a notamment proposé Pâte filo, Le métronome et Jus de canneberge.
Après l’entracte, ce n’est pas Malajube, mais bien Voivod qui est apparu au public, qui n’en croyait ni ses oreilles ni ses yeux. Sous les applaudissements et les rires des spectateurs, le groupe heavy métal a repris Fille à plumes et 333. «Vous êtes sûrement aussi surpris que nous autres de nous voir ici!» a lancé le chanteur Denis Snake Bélanger avant d’être rejoint par les frères Mineau et leurs acolytes.
Dans le dernier droit, la formation a mis un terme à cette cascade de surprises et a une fois de plus régalé ses fervents admirateurs avec des titres comme Montréal -40°C, Le crabe et la sublime Étienne d’août. C’est sous une vibrante ovation debout que les gars ont quitté la scène. Et ça, compte tenu de la qualité de la prestation du groupe, il fallait s’y attendre.










