Ça grouillait cette semaine dans le pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM dont l’équipe du film The High Cost of Living avait fait son point de ralliement. Il y avait de l’électricité dans l’air, car la production anglo-canadienne en était à ses tout derniers jours de tournage. Deborah Chow, une jeune Canadienne originaire de Toronto, avait donné le premier coup de manivelle 20 jours plus tôt à son premier long métrage, dont l’action se déroule à Montréal.
The High Cost of Living raconte l’histoire de Henry, un revendeur de drogue campé par Zach Braff, qui, lors d’une soirée bien arrosée, heurte en voiture Nathalie, une femme enceinte interprétée par Isabelle Blais. Pour se racheter, Henry se lie d’amitié avec Nathalie, sans toutefois lui dévoiler son lourd secret. Mais celle-ci finit par le découvrir...
La réalisatrice, qui vit maintenant à New York, a toujours su qu’elle tournerait son premier long métrage dans la métropole, une ville qu’elle connaît bien pour avoir passé quelques années à McGill. «J’ai toujours voulu écrire quelque chose sur Montréal, peut-être parce que je suis devenue une adulte ici, explique sur son heure de lunch celle qui a aussi signé le scénario du long métrage. C’était aussi naturel pour le scénario. Henry vient de New York et il vit dans le Mile-End et entre en relation avec le personnage de Nathalie, une Québécoise originaire de Rimouski qui travaille dans un milieu anglophone. C’est très représentatif de la réalité montréalaise.»
Les acteurs
Pour tourner ce film, dont 70 % des dialogues sont en anglais et 30 % en français, la réalisatrice a fait appel à l’Américain Zack Braff, qu’on a pu voir dans la série Scrubs, dans le film Garden State, qu’il a aussi réalisé, ainsi que dans The Last Kiss, tourné également à Montréal. «Nous ne pensions jamais que Zack accepterait», confie la cinéaste.
Le principal intéressé, lui, affirme avoir tout de suite été charmé par le scénario et par le fait qu’il allait avoir la chance de passer de nouveau du temps à Montréal. «J’ai été ému par le script, note celui qui dit plancher sur un nouveau scénario de film. J’ai été moi aussi le réalisateur d’une première œuvre, alors j’ai fait confiance à Deborah. Ce film ne va pas battre le box-office d’Avatar, mais je fais ce genre de film indépendant parce que c’est le genre de film que j’aime voir au cinéma.»
Sa covedette, elle, a été impliquée très tôt dans ce projet au budget de 1,8 M$. Isabelle Blais avait donné son accord pour participer à The High Cost of Living il y a quelques années, bien avant d’avoir son bébé. Elle était d’ailleurs bien contente que le tournage ait été retardé et qu’elle n’ait pas été obligée de tourner plusieurs des scènes dramatiques du film enceinte.
«Ça aurait été intense, avoue-t-elle. Mais d’avoir été enceinte, ça m’a aidé beaucoup pour la démarche, et surtout pour l’émotion rattachée au bébé. J’ai un petit gars en santé, mais je fais juste imaginer s’il lui arrivait quelque chose... Ce n’est pas agréable, mais je m’en sers pour le rôle.»
Et tourner avec une vedette américaine, comment trouve-t-elle l’expérience? «Au début, j’avais des appréhensions, concède Isabelle Blais. Mais j’ai essayé de ne pas me laisser impressionner. C’est certain qu’il vient d’un autre monde, mais d’un côté, j’en profite. Au Québec, il y a un côté familial sur un plateau, on n’ose pas rien demander, mais des fois c’est le fun de rétablir certains détails. Par exemple, au lieu d’attendre sur le set debout, Zack demande une chaise. Il veut une place pour se concentrer et il a bien raison. Je fais comme lui!» The High Cost of Living devrait sortir en salle à la fin de 2010 ou au début de 2011.









