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Muse: À grand déploiement

  Steeve Duguay/Métro

En plus des titres corrosifs de son riche répertoire, Muse y est allé d’une étonnante reprise de Feeling Good, une pièce tirée d’une comédie musicale datant de 1965.


Publié: 10 mars 2010 23:09
Mis à jour: 10 mars 2010 23:10
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Un concert de Muse, c’est comme une superproduction en 3D de James Cameron : c’est gros, c’est beau et, entre deux détonations, on décèle quel­ques moments d’émotion. Dans un Centre Bell en configuration 360 et devant 16 200 fans en liesse, le groupe nous a prouvé, hier soir, qu’il méritait bien sa place au firmament du rock. Surveillez vos arrières, U2, Coldplay et Radiohead : Matthew Bellamy, Domi­nic Howard et Christo­pher Wol­­sten­holme s’apprêtent à vous damner le pion.

Car Muse est l’un des rares groupes dont la popularité croît avec la parution de chaque nouvel album. Fondée en 1994, la formation britannique a dû patienter jusqu’en 2003, avec la sortie de son troisième opus, Absolution, pour effectuer une véritable percée en Amérique du Nord. Après avoir confirmer son statut de valeur sûre avec Black Holes & Reve­lations il y a quatre ans, le groupe est revenu plus fort – et plus inspiré – que jamais à l’automne 2009 en lançant The Resistance, un disque fondamentalement rock, mais qui n’hésite pas à s’aventurer en terrain inconnu.

Et à en juger par le festin visuel et auditif qu’offre cette tournée, l’ascension du trio originaire de Teign­mouth, au Royaume-Uni, ne fait que commencer. Une affirmation audacieuse, certes, mais fondée sur des principes d’une simplicité désarmante.

Premièrement, il y a la scène, impressionnante, au-dessus de laquelle s’élèvent trois imposantes colonnes munies de parois vidéo. On y diffuse des animations par ordinateur, mais aussi des images du groupe et de la foule, le tout dans une réalisation hyper léchée qui alterne les flous artistiques, le style caméra à l’épaule et les effets tape-à-l’œil propres au vidéoclip.

Les jeux de lumière contribuent aussi au succès de l’entreprise. Dynami­ques et hypnotiques, ils évoquent les meilleurs spectacles de la mi-temps du Super Bowl et se marient parfaitement avec les diverses atmosphè­res musicales explorées par le groupe (les faisceaux laser verts pendant Undisclosed Desires soulignaient bien le petit côté new wave de la pièce).

Deuxièmement, il y a la voix de Matthew Bellamy, juste, puissante et franche, qui parvient à s’élever au-dessus de cette marée de décibels. On dit qu’elle couvre trois octaves. On n’a pas de difficulté à le croire. À l’instar de Thom Yorke, de Radiohead, le charismatique leader de Muse ne fait pas que pousser la note. Il ressent chaque parole.

Ça se voit et ça s’entend. Il apporte une dimension nouvelle à des chansons qui, à la base, ne manquent pas de relief. Aussi corrosif que sa guitare dans les hymnes rock musclés (New Born, Resistance, Hysteria), son organe rivalise avec celui de n’importe quel ténor quand vient le temps de se laisser aller dans des envolées plus lyriques (Supermassive Blackhole, Guiding Light et Exogenesis Pt.1, qui manquait toutefois de violons et d’orchestre).

Et finalement, bien entendu, il y a la musique. Oscillant entre le progressif, le heavy métal et le glam rock, les compositions de Muse comptent toujours sur des mélodies de béton qu’on peut chanter en chœur, à tue-tête, le poing levé dans les airs… comme ce fut le cas hier soir. Du rock d’aréna raffiné comme il ne s’en fait plus. 


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