Après avoir chanté l’amour pendant 25 ans, Martine St.Clair demande à ses fans de lui renvoyer l’ascenseur. En vue de son concert de demain soir au Gesù, la chanteuse invite son public à lui transmettre des lettres d’amour qu’elle lira une fois rendue sur scène, histoire de jeter un regard nouveau sur des pièces qu’elle a entonnées des milliers de fois.
«On ne tombe pas dans la nostalgie et la rétrospective, précise l’interprète d’On va s’aimer. Au contraire. En lisant ces lettres, on revient au moment présent, actuel. Ça nous rappelle que la vie est courte et fragile.» C’est après avoir participé à la cinquième édition du projet Mille mots d’amour, un coffret regroupant des missives de célébrités, de journalistes et de médecins au profit de la Fondation Les Impatients, que Martine St.Clair a eu l’idée de bâtir un spectacle autour de ce concept.
«J’ai lancé un appel à tous lors d’une minitournée en Gaspésie, et la réaction a été spontanée, raconte l’artiste. Quand j’arrivais au théâtre, on me disait : “Martine, il y a des lettres d’amour qui t’attendent!” C’est toujours bien de se faire accueillir comme ça!»
Se faire plaisirLa rentrée montréalaise de Martine St.Clair fait suite à la sortie, en août 2009, de la compilation Entre vous et moi. Outre les incontournables Danse avec moi, Il y a de l’amour dans l’air et autres Je ne sais plus comment je m’appelle, l’album compte trois nouveaux morceaux, des inédits et certains titres qui, à défaut d’avoir atteint le sommet des palmarès, ont marqué le parcours artistique de la chanteuse.
C’est ainsi que pour faire place à des pièces comme Un long chemin et Johnny Rock’n’Roll, la star a mis de côté quelques classiques de la pop québécoise, dont Heureuse sans être amoureuse et Quand je tombe en amour, une composition de Luc Plamondon qui a même été sacrée Classique de la SOCAN cet hiver.
«Par moments, j’ai été un peu égoïste, je dois le dire, admet-elle. Quand on m’a suggéré l’idée d’un coffret, je me suis posé plusieurs questions. Qu’est-ce que ça veut dire? Qu’est-ce que ça représente pour moi? Et j’en suis venue à cette conclusion : j’avais envie d’expliquer ma démarche artistique. J’avais envie que le public comprenne d’où je viens et où je m’en vais. Je voulais montrer l’artiste que je suis devenue.»
Martine St.Clair indique par ailleurs que ses tubes de la décennie 1980 n’ont pas tous résisté au passage du temps, ce qui explique aussi sa sélection. «Aujourd’hui, les synthétiseurs de Quand je tombe en amour m’agacent un peu, avoue-t-elle. Si je l’avais mise sur l’album, j’aurais voulu retourner en studio et reprendre les pistes. Mais encore là, est-ce la bonne chose à faire? Est-ce qu’on retouche à des chansons qui ont été si populaires? Je n’en suis pas si sûre. Ça peut être dangereux.»
À la radioAlors qu’à une certaine époque, Martine St.Clair refusait de participer à des projets qui ne s’accordaient pas parfaitement avec sa carrière de chanteuse, l’ex-Cristal de Starmania n’hésite plus à s’aventurer en terrain inconnu.
C’est ainsi que l’automne dernier, cette Montréalaise de 47 ans s’est installée à Québec, où elle a fait ses premiers pas à la radio en tant que coanimatrice. De retour dans la métropole, elle s’est jointe, en janvier, à l’équipe des Grandes Gueules sur les ondes de NRJ. Chaque mercredi, sur le coup de 17 h 20, elle tient une chronique intitulée Parlons femmes.
«La radio est un médium que j’affectionne beaucoup, indique-t-elle. Je voudrais en faire de plus en plus à l’avenir.» Côté musique, Martine St.Clair n’a pas fait pas une croix sur un éventuel retour sur disque, mais ne prévoit pas entrer en studio dans un avenir rapproché.
Martine St.Clair
Au Gesù
Mercredi et vendredi soir, 20 h