Biz le dit d’emblée : Dérives, son premier récit de fiction, est un accident. Cette bouquin de 94 pages n’était pas prévue dans son parcours de créateur et n’a rien à voir avec son projet musical, Loco Locass.
C’est à cause d’une rencontre avec l’auteur Jean Barbe que le rappeur publie un livre aujourd’hui. Le directeur éditorial de Leméac lui avait dit il y a quelques années que s’il écrivait un jour autre chose que du rap, devrait lui faire signe.
C’est ce que le rappeur a fait après avoir mis en mots un épisode dépressif de sa vie et sa difficulté à endosser son rôle de père. Il lui a présenté Dérives, un livre qui offre deux récits en alternance : celui d’un homme qui, à la naissance de son fils, sent tomber sur ses épaules tout le poids du monde et celui d’un être qui dérive sur un radeau, dans un monde onirique pas très loin de celui d’Hadès.
Oui, Dérives est une autofiction, mais Biz ne dira pas quel pourcentage de son histoire est basé sur sa propre vie. Toutefois, il est clair que les sujets qu’il aborde, la paternité et la dépression le touchent de près. «L’un est arrivé en même temps que l’autre, note-t-il. Malheureusement pour lui, mon fils est arrivé dans l’œil du cyclone.»
Inspiration
Sans s’en rendre compte, Biz a mis des mots sur des états d’âme vécus par plusieurs nouveaux papas trentenaires. Déjà, dans des forums de parents, ses confidences suscitent des réactions, affirme-t-il. À la lecture de Dérives, certaines femmes comprennent mieux les comportements leur chum, et ceux-ci sont heureux de voir qu’ils ne sont pas les seuls à ne pas vouloir se lever la nuit quand leur bébé pleure… Une réaction qui emballe l’auteur.
«C’est quand même très prétentieux de penser que les mots que tu écris vont avoir un impact autour de toi et dans ta société, dit le rappeur. Comme créateur, c’est à ça que j’aspire. De penser que les mots ont un réel pouvoir, c’est extraordinaire.»
Biz souligne par ailleurs que c’est quand son fils a eu deux ans qu’il a commencé à apprécier sa paternité. Sa déprime aujourd’hui terminée, il planche sur un nouvel ouvrage plus substantiel, assure-t-il.
Le goût des mots, Biz l’a toujours eu, mais avec la publication de sa première œuvre, il voit enfin ce qu’il fera quand il sera trop vieux pour rapper. «Je ne rapperai plus à 82 ans, confie-t-il. J’ai trouvé ça sécurisant d’être capable d’écrire parce que l’écriture est l’une des seules activités humaines qui se bonifient avec le temps!»
Dérives
Aux éditions Leméac
Présentement en librairie




