À 65 ans, Robert Charlebois est plus allumé que jamais et s’il continue d’écrire de nouvelles pièces – il en présentera d’ailleurs quelques-unes dans son nouveau spectacle, Avec tambours ni trompette –, c’est qu’il espère qu’elles passeront à la postérité, rien de moins!
«Il n’y a pas de façon de créer autre que pour la postérité, dit le chanteur. Sinon, on travaille pour nos copains, pour amuser la galerie immédiatement, mais après il ne reste rien. Il y en a qui pense qu’ils sont éternels, mais moi je suis convaincu de ne pas l’être. Ma guitare va durer plus longtemps que moi, donc j’écris pour la durée de ma guitare.»
Des nouvelles chansons, Charlebois en a accumulées plusieurs depuis la sortie de son dernier album de pièces originales, Doux sauvage, paru en 2001.
Avec 300 titres sous la cravate, dont plusieurs «hits qui ont réussi à traverser l’an 2000», comme se plaît à dire le principal intéressé, notre Garou national, doit faire mieux que ce qu’il a déjà fait pour se renouveler. Il s’agit de tout un défi!
«J’essaie de m’étonner moi-même et, si je peux étonner les gens, c’est tant mieux, confie le musicien. Si je veux faire une chanson sur les travailleurs, il faut que ce soit mieux que Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est un job. Une chanson sur Montréal? Je ne ferai fort probablement jamais mieux que Je reviendrai à Montréal.»
Chansons oubliées
Outre quelques nouvelles chansons qu’il fera en spectacle et qui serviront à construire un nouvel album prévu pour 2010, Robert Charlebois veut profiter de son retour sur scène pour ressortir de ses coffres des pièces oubliées ou, plutôt, des titres qu’il a «échappés» à l’époque de ses collaborations avec Luc Plamondon ou Réjean Ducharme.
«Ce n’est pas que c’était très mauvais, mais c’est parce que je chantais mou, le disque était mal mixé, j’étais dans ma période synthétiseur, les chansons étaient trop longues. Trois thèmes musicaux dans Moi Tarzan, toi Jane, c’est trop. C’est comme une belle veste, mais avec les manches trop longues. Dans certaines pièces, Il n’y a pas l’émotion qu’il devrait y avoir, alors j’en refais quelques-unes plus dépouillése. Egg Generation, par exemple, ne parlait pas de bingo, mais de bombardements!»
Malgré tous ses efforts pour remettre au goût du jour des chansons oubliées de son répertoire et mettre de l’avant ses nouvelles compositions, Charlebois est conscient que le public vient surtout le voir en spectacle pour entendre ses grands succès.
«Il faut avoir l’humilité de donner aux gens qui nous ont fait ce qu’ils veulent, dit-il. Pour se “ré-exciter”, il faut réarranger nos classiques différemment. Toute ma vie, j’ai chanté Lindberg avec des guitares, des voix et du fla-fla, mais là, je la fais tout seul au piano. C’est extraordinaire, la réaction, et pour moi, ça devient une nouvelle chanson.»
Sur scène, le chanteur sera entouré d’une quarantaine d’instruments et d’un décor qui servira lui aussi à faire du bruit. «Le show acoustique, je garde ça pour quand j’aurai 75 ans, dit-il. Et ça va venir vite!»
Avec tambours ni trompette
Au cabaret La Tulipe
Du 27 au 30 octobre



