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À quelle heure le train pour nulle part: Un pied dans la marge

  Collaboration spéciale

Luis Bertrand campe un homme à la recherche de son frère dans le nouveau film de Robin Aubert.


GENEVIÈVE VÉZINA-MONTPLAISIR
MÉTRO
18 septembre 2009 00:00
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Alors que son deuxième film tourné avec l’aide des institutions, À l’origine d’un cri, est présentement en postproduction, Robin Aubert présente le projet parallèle, À quelle heure le train pour nulle part.

Tourné avec peu de moyens, avec une équipe réduite et de façon improvisée, À quelle heure le train pour nulle part met en scène un homme (Luis Bertrand), qui part à la recherche de son frère jumeau en Inde et qui, au hasard de ses rencontres et de ses recherches, vit une véritable quête initiatique.

Ce projet produit par Robin Aubert est le premier long métrage d’une pentalogie nommée Fantômes et voyage. Le réalisateur de Saints-Martyrs-des-Damnés compte faire cinq films sur les cinq continents. Durée de ce projet très personnel? Indéterminée.

«Si je n’avais pas de rêves dans la vie, je suivrais ma gang de chums de la polyvalente qui sont partis de l’autre bord, confie franchement le cinéaste, qui a vu plusieurs amis s’enlever la vie et dont la cinématographie est très marquée par le suicide. Je me suis provoqué moi-même en disant à tout le monde : “Je vais faire cinq films sur les cinq continents”. Maintenant, je sais que je suis pogné pour faire quatre autres films dans ma vie!»

Mais au-delà du défi que représente cette pentalogie, Robin Aubert, qui gagne aussi sa vie comme comédien et qu’on a pu voir jouer un psychologue dans De père en flic, avait envie de s’affranchir des institutions pendant un moment et de créer dans l’instantanéité, à la manière d’un peintre automatiste.

«Je viens de terminer un film pour lequel j’avais besoin d’une grosse équipe, explique-t-il. Je ne suis pas en train de cracher là-dessus, mais dans la vie, j’ai aussi besoin d’être instinctif, de me défouler et de ne pas être jugé. En même temps, c’est sûr que ça a ses limites, mais pour moi, en tant que créateur, c’est important d’être sur une corde raide comme une funambule.»

Voyage en Inde
C’est un pays qu’il connaît bien que le réalisateur a décidé de redécouvrir à l’été 2008, pendant cinq semai­nes, pour son film très artistique. La première fois, à 22 ans, il s’est rendu en Inde pour se guérir d’une peine d’amour; la deuxième fois, il y est retourné pour La course destination monde; et la troisième fois, il y est allé avec Clown Sans Fron­tières pour faire rire des enfants dans une prison.

«Il fallait que je retourne en Inde parce que je voulais rendre hommage à ce pays-là, affirme le grand voyageur. Il y a quelque chose de mystique dans ce pays-là. Et je sais que je vais y retourner encore, même si, que tu aies une caméra ou pas en Inde, ça te prend toujours un peu de courage pour te lever le matin et sortir affronter toutes les images dont ce pays-là te bombarde.»

Robin Aubert a choisi l’acteur Luis Bertrand, avec lequel il avait déjà travaillé sur plusieurs courts métra­ges ainsi que sur Saints-Martyrs-des-Damnés, pour tenir la vedette de son œu­vre quasi expérimentale. Ce dernier n’était jamais allé en Inde, et le cinéaste souhaitait travailler avec un comédien pour qui cette contrée était inconnue.

«Je pense qu’il y a beaucoup d’images dans ce film qui sont autobiographiques, concède-t-il. J’ai choisi un acteur qui n’était jamais allé en Inde parce qu’inconsciemment, j’ai un peu recréé mon premier regard face à ce pays-là. Inévitable­ment, c’est un pays qui te pousse vers une quête personnelle. Je n’ai pas fait ce film pour régler mes bibittes, mais dans mon subconscient, il s’est passé quelque chose là-bas»

À quelle heure le train pour nulle part
En salle dès aujourd’hui

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