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Un amour mis à l’épreuve

  JF Leblanc

Pierre Lapointe a dédié son concert à ses parents, qui célébraient dimanche leur 40e anniversaire de mariage.


Publié: 04 août 2009 00:54
Mis à jour: 04 août 2009 05:54
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«C’est moi la vedette!» Cette phrase, Pierre Lapointe l’a répétée à quelques reprises, diman­che soir, au Métropolis.

Conscient de son statut de star et surtout, d’artiste quasi intouchable, le chanteur de 28 ans s’est permis de nous offrir un concert dense, lourd et ambitieux qui ne cherche pas à plaire à tout prix (pas plus que son dernier album, d’ailleurs).

Pendant la plus grande partie du concert, Pierre Lapointe a semblé vouloir tester l’amour que lui portent ses fans, y allant de versions réinventées – et parfois même expérimentales – de ses plus grands succès.

Les inconditionnels l’ont suivi du début à la fin, tandis que les autres, après avoir décroché à michemin, l’ont rattrapé dans le dernier droit.

Vers la lumière

C’est avec panache que Pierre Lapointe a ouvert le spectacle. Soutenu par sept musiciens, le chanteur a donné le ton avec une vibrante interprétation de Ces étranges lueurs, un morceau tiré de Sentiments humains, son troisième album paru au printemps. Le batteur s’est par la suite déchaîné sur Tous les visages, une jolie berceuse qui s’est momentanément transformée en véritable hymne rock.
Jouée au piano, Coulent les rires ressemblait pour sa part beaucoup plus à l’originale.

Parmi les métamorpho­ses les plus réussies, citons Qu’en est-il de la chance, dont les nouveaux arrangements semblaient s’inspirer du courant yéyé des années 1960. N’eut été des déhanchements trop polis de Pierre Lapointe (son timide twist nous a laissé sur notre faim), on se serait cru dans l’univers coloré d’Austin Powers.

Oscillant entre l’électro et le rock, Le maquis a fait bonne figure.

On ne peut malheureusement pas en dire autant du Lion imberbe, parcouru par un bourdonnement électronique agaçant.

L’audace dont fait preuve Pierre Lapointe est certes louable. La plupart des artistes ayant atteint son niveau de popularité préfèrent la prudence à l’innovation. Ce n’est pas son cas. Loin de là.

Mais à force de trop vouloir se renouveler, il finit souvent par nous déstabiliser et, du même coup, par tempérer notre plaisir. Il a d’ailleurs fallu attendre la 16e pièce du spectacle, Je reviendrai, lumineuse grâce aux arrangements de Philippe Brault, pour s’abandonner à la musique sans craindre d’être rabroué par une autre conclusion instrumentale tapageuse.

C’est également à ce stade de la soirée que le chouchou de la critique a décidé de se départir de sa veste hyper stylée et d’opter pour le traditionnel combo jeans et t-shirt. Libéré de cet amas de tissu qui semblait lui peser lourd sur les épaules, le chanteur nous a servi une version acoustique légère comme l’air de Deux par deux rassemblés. Un moment magique, rayonnant de simplicité, qu’on n’aurait peut-être pas apprécié à sa juste valeur si Pierre Lapointe ne nous avait pas auparavant forcé à passer par les méandres sinueux et complexes de son univers...


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