Lors de son passage à Montréal il y a deux ans pour faire la promotion de son deuxième album, Make Someone Happy, Sophie Milman commençait une carrière prometteuse dans le monde du jazz. La jeune chanteuse semblait alors être une délicate fleur sur le point d’éclore.
Aujourd’hui, à 26 ans, la Torontoise d’origine russe voyage aux quatre coins du monde et ne manque pas d’ambition. Cela s’entend sur son troisième opus, Take Love Easy, qu’elle
présentera ce soir au Théâtre Maisonneuve.
Sa voix y est résolument plus mature, plus assumée, et les arrangements de Steven MacKinnon sont quant à eux davantage jazz et texturés. Une belle place à l’improvisation a aussi été faite sur l’album.
«Ce changement s’est vraiment fait naturellement, explique Sophie Milman. Plus je faisais de spectacles, plus j’avais l’impression de grandir. Mes goûts musicaux se sont aussi développés. Je voulais amener ma musique à un autre niveau. Quand j’écoute ce que j’ai fait avant, je me dis : “Oh, mon Dieu! C’était moi il y a deux ans?!”»
Avec Take Love Easy, la jeune femme affirme aussi avoir eu envie de regarder vers l’avenir après avoir offert, selon elle, deux albums davantage tournés vers le passé.
«J’étais plus nostalgique avant, dit-elle. Maintenant, j’essaie de regarder vers l’avant. Je pense que les albums sont comme des thérapies. Je suis vraiment fière de mon histoire et d’où je viens, ce que j’ai exploité dans mes disques passés, mais maintenant j’ai le goût de regarder vers l’avenir, d’être optimiste.»
C’est d’ailleurs aussi pour cette raison qu’elle a intitulé son nouveau CD Take Love Easy.
«Ça veut dire que l’amour est un jeu, et je vais me marier bientôt, confie-t-elle des étincelles dans les yeux. Alors, je veux être heureuse et prendre la vie comme elle vient au lieu d’avoir peur de ce qui va m’arriver.»
De pop à jazz
Sur son nouveau disque, Sophie Milman ne se borne pas à interpréter des standards du jazz. Elle chante certes des pièces de Cole Porter, de Duke Ellington, de Johnny Mandel et d’Antonio Carlos Jobim, mais elle reprend aussi à la sauce jazz des chansons de Paul Simon, Brice Springsteen et Joni Mitchell.
«I’m On Fire de Bruce Springsteen a été un défi, dit-elle. Il a fallu trouver une façon de m’approprier la chanson tout en la respectant. J’ai dû trouver une façon plus féminine de
l’interpréter parce que Springsteen est très viril!»
En ville
Offrir un spectacle à Montréal est une vraie partie de plaisir pour la star, qui a vu sa carrière décoller dans la métropole.
«J’ai fait une prestation à la conférence de presse du dévoilement de la programmation en 2005 et c’est ce qui m’a permis de faire ma première tournée, raconte-t-elle. Je suis vraiment reconnaissante aux gens de Montréal et du Festival.»
Sophie Milman
Théâtre Maisonneuve
Ce soir à 18 h





