Frost/Nixon par défaut
Marc-André Lemieux
Question
d’évacuer
toute
forme
de
frustration,
crevons
l’abcès
tout
de
suite
:
Revolutionary
Road
aurait
dû
figurer
parmi
les
finalistes
pour
l’Oscar
du
Meilleur
film.
À
ce
jour,
je
ne
comprends
toujours
pas
pourquoi
les
membres
de
l’Académie
ont
boudé
ce
long
métrage
aux
multiples
qualités.
Qu’est-ce
qui
les
a
rebutés,
au
fait?
La
poignante
et
tragique
histoire
d’amour
de
deux
êtres
tiraillés
entre
leurs
rêves
et
leurs
obligations?
La
performance
à
la
fois
subtile
et
puissante
de
Kate
Winslet?
Le
jeu
nuancé
de
Leonardo
DiCaprio?
La
délicate
réalisation
de
Sam
Mendes?
Mystère.
Revolutionary
Road
écarté
de
la
course,
mon
cœur
et
ma
tête
penchent
du
côté
de
Frost/Nixon,
une
brillante
adaptation
de
la
pièce
du
dramaturge
et
scénariste
Peter
Morgan
(The
Queen).
Tel
un
documentaire
(témoignages
à
la
caméra,
prises
sur
le
vif),
le
long
métrage
retrace
le
making-of
de
la
fameuse
interview
télévisée
de
Richard
Nixon
menée
par
David
Frost
à
la
suite
du
scandale
du
Watergate,
en
1977.
Dans
la
peau
de
l’ex-président
des
États-Unis,
Frank
Langella
règne,
suprême.
Son
interprétation
du
chef
républicain
est
si
marquante
qu’elle
m’a
fait
oublier
celle
d’Anthony
Hopkins
dans
le
Nixon
d’Oliver
Stone.
Sous
les
traits
d’un
journaliste
playboy
en
quête
de
crédibilité,
le
charismatique
Michael
Sheen
se
montre
à
la
hauteur
de
son
illustre
compère.
Les
prestations
des
deux
comédiens
élèvent
l’œuvre
de
Ron
Howard
du
simple
–
mais
néanmoins
enviable
–
statut
de
«fascinant
voyage
dans
les
coulisses
des
médias
et
de
la
politique»
à
celui
de
«vibrante
confrontation
d’ego».
Pour
sa
fraîcheur,
Slumdog
Millionaire
n’arrive
pas
très
loin
derrière.
La
fresque
de
Danny
Boyle
réussit
l’impossible
:
conjuguer
bons
sentiments
et
substance.
Un
feel-good
movie
qui
fait
l’unanimité.
J’ai
aussi
bien
aimé
Milk,
un
pamphlet
attendrissant
et
révélateur
sur
l’évolution
–ou
la
stagnation,
tout
dépendant
de
votre
point
de
vue
–
des
mentalités
sur
l’homosexualité
aux
États-Unis.
Sean
Penn
a
beau
y
offrir
une
performance
éblouissante,
il
ne
peut
pallier
les
lacunes
de
la
dernière
offrande
de
Gus
Van
Sant,
notamment
sa
structure
beaucoup
trop
conventionnelle
pour
aspirer
aux
grands
honneurs.
Même chose pour The Curious Case of Benjamin Button qui, en dépit ...[Page suivante]
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