Anne Consigny, Hippolyte Girardot et Catherine Deneuve, qui ont tous déjà travaillé avec le réalisateur Arnaud Desplechin, se retrouvent dans son dernier long métrage, Un conte de Noël.
Arnaud Desplechin était de passage à Montréal il y a quelques semaines dans le cadre du festival Cinémania pour y présenter son dernier film, Un conte de Noël, mais aussi pour y donner une leçon de cinéma. Le réalisateur français n’a cependant pas donné de conseils à ceux qui s’étaient rassemblés au Cinéma Impérial pour l’écouter. C’est que le cinéaste est du genre très humble.
«Je n’oserais pas donner de conseils, affirme avec modestie celui qui est, entre autres, derrière les films Rois et reine et La sentinelle. Il y a des façons tellement différentes de faire du cinéma aujourd’hui, et il y a des gens qui arrivent à faire des choses tellement formidables, alors qui suis-je, moi, pour leur dire comment faire?»
Avec son dernier long-métrage, présenté en Sélection officielle au Festival de Cannes 2008, Desplechin plonge le spectateur dans l’univers familial particulier des Vuillard, lesquels se retrouvent pour fêter Noël.
Elizabeth (Anne Consigny) doit faire face à son frère Henri (Mathieu Amalric) qu’elle a banni de sa vie quelques années auparavant. De plus, toute la famille sera confrontée à la maladie de la mère, Junon (Catherine Deneuve) qui n’accepte pas ce problème de santé.
Loin du film du temps des fêtes traditionnel, Un conte de Noël joue constamment deux registres diamétralement opposés : le drame et l’humour.
Le réalisateur, qui adore quand les films de Noël deviennent plus rock’n’roll, présente donc sa version très personnelle et, selon lui, modeste du genre.
«Pour moi, The Dead de John Huston est le parfait film de Noël, confie le cinéaste. Mais si je me mets à penser à ce film-là, je meurs. Si je me mets à penser à The Royal Tenenbaums, de Wes Anderson, j’ai une telle admiration pour lui que... si j’y pense, j’arrête de faire des films tout de suite. Si je pense à Fanny et Alexandre, d’Ingmar Bergman, c’est la même chose. Donc, pour me tenir à la bonne distance de ces films, je me dirige vers des films plus modestes et je me dis : “Arnaud, tu es juste en train de faire un bon petit film de Noël à ta façon.”»
En terrain connu
Pour faire «son petit film de Noël», Desplechin a tout de même fait appel à de grands acteurs avec qui, pour la plupart, il avait déjà travaillé.
Ses deux acteurs fétiches Emmanuelle Devos et Mathieu Amalric, font de nouveau partie de la distribution de son nouveau film, tout comme Catherine Deneuve, Jean-Paul Rossillon, Chiara Mastroianni et Hippolyte Girardot. Pour les rôles principaux, seuls Melvil Poupaud et Laurent Capelluto sont des nouveaux venus dans l’univers cinématographique du metteur en scène.
«Ce n’est pas par fidélité que je retravaille avec des acteurs avec qui j’ai déjà travaillé, parce que ça voudrait dire que je rêverais de les tromper! explique-t-il. Des fois, vous avez tout dit ce que vous aviez à dire avec un acteur en un film, mais des fois, vous n’avez pas tout dit et il vous faut plusieurs films pour le faire. Mathieu Amalric a bien voulu être un génie une fois, mais je ne connais rien de ce type, et c’est pour ça que je continue de travailler avec lui.»
Très modeste, Arnaud Desplechin est un amoureux du cinéma et il ne pourrait jamais comparer son travail à celui de ses idoles du 7e art. Il revoit des dizaines de fois les films qu’ils admirent et s’en inspire pour ses propres longs métrages, mais, jamais il ne pourrait seulement se décrire comme un cinéaste.
«Je pense que je suis un bon spectateur, dit-il. Je pense que ça, je sais le faire et même sur un plateau. Je vois les acteurs jouer, je sais dialoguer avec un film, l’aimer ou pas. Je sais bien faire ça, être dans une salle. Ç’a été ma vie. Mais je ne peux pas dire que je suis un bon cinéaste, ça non, je ne peux pas… »
Un conte de Noël
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