Métro a profité du passage de James Blunt dans ses bureaux de Rome pour s'entretenir avec le chanteur devenu rédacteur en chef invité pour une journée. Discussion avec le populaire auteur-compositeur-interprète. (Extraits vidéo de l'entrevue ci-contre, en anglais)
Comment votre expérience de soldat vous a-t-elle influencé?
C’a été une très bonne école. Je travaillais avec des soldats de toutes les classes, de toutes les sphères, de tous les coins du pays. Travailler en équipe avec ces gens-là, c’était magnifique. Vous travaillez aussi avec les autres armées, vous apprenez comment elles fonctionnent. C’est une école où l’on apprend ce que sont le monde et ses politiques. Je suis très heureux d’être passé par là.
Comment cela a-t-il changé votre vision des conflits?
Être sur le terrain nous donne une nouvelle perspective. Les soldats sont les moins partiaux puisqu’ils ne pensent pas aux politiques et au pouvoir. Ils ne pensent qu’à rentrer chez eux. Et le meilleur moyen d’y arriver, c’est de travailler avec les gens qui sont touchés par le conflit et de les comprendre. Je réalise que, parfois, les intentions des politiciens ne sont pas très claires pour le public. Par exemple, le rapport qui a été établi entre le 11 septembre et l’Irak. C’est renversant. Même chose avec les armes de destruction massive. Comment pouvons-nous tomber dans le panneau? Je ne sais pas. C’est fou.
Qu'attendez-vous de Barack Obama?
L'administration de George W. Bush mettait de l'avant une politique de la peur, en qualifiant les autres d'ennemis. «Nous devons protéger les États-Unis» était la devise des politiciens. Je crois que l'ère Obama marquera un changement. Il va passer d'une politique de la peur à une politique d'espoir. Il parle d'égalité et d'espoir et ce sont de belles valeurs. Sarah Palin disait que les États-Unis étaient la plus grande force pour le bien dans le monde. Je trouvais cette déclaration erronée puisque ça plaçait le pays au-dessus des autres. C'est une bien mauvaise manière de voir les choses.
Que pensez-vous des «talent shows» à la télévision?
Je devrais dire que je n'aime pas ça, mais je n'y arrive pas puisque ça peut donner une chance à un artiste. Personne ne nous montre comment faire, personne nous aide quand on n'a pas déjà les pieds dans l'industrie. Personne ne va écouter ta musique si elle n'est pas recommandée par quelqu'un. Ces émissions font la promotion du rêve et c'est une bonne chose.
Quelle est votre définition du succès?
Je crois qu'on définit souvent le succès par la popularité et la richesse. Mais le succès se mesure par le bonheur. Les personnes que je connais et qui ont le plus de succès sont deux amis qui se sont rencontrés quand ils étaient jeunes. Ils vivent avec leurs deux enfants dans une caravane à Cornwall et ils ont toujours un sourire accroché au visage. Ils n'ont pas d'argent, mais ils sont heureux. Je me dis «Wow!», ils ont du succès grâce à ça et ça me sert de leçon.
Pourquoi avez-vous déménagé à Ibiza?
Depuis 2004, j'ai eu trois semaines de congé par année. C'était comme mes vacances et Ibiza est un endroit que j'ai visité souvent quand j'étais jeune. En plus des endroits calmes, on peut aussi y faire la fête. Donc, sur ma petite île, je suis à dix minutes de l'action et je peux retourner rapidement dans l'intimité. J'ai écrit All the Lost Souls à Ibiza et ça m'a inspiré.
Qu'est-ce qui vous inspire musicalement?
Lou Reed, Leonard Cohen, Cat Stevens, Paul Simon, Elton John, David Bowie sont des auteurs remarquables, mais j'essaie de ne pas trop être influencé par les autres. Je cherche mon propre son. J'apprécie mon côté naïf, mais je gagne aussi en expérience. Mon premier album Back to Bedlam était plus naïf et c'est ce qui faisait son charme. Sur mon deuxième opus, j'ai plus d'expérience, je suis plus confiant. Ce sont deux réalisations différentes.
Qu'est-ce qui s'en vient pour vous?
J'essaie du nouveau matériel en spectacle. Ce sont des moments géniaux puisqu'on est loin de l'aspect commercial, loin des médias qui ne parlent souvent que d'image et se demandent toujours ce qui est in ou out. Ça n'apporte rien à la musique ça. Tu arrives sur scène – j'ai fait 180 spectacles cette année dans 180 villes différentes – et les gens connectent avec toi. Nous ressentons tous la même chose. Je trouve ça formidable.



