L’Université de Montréal, mon alma mater, s’apprête à revendre à un promoteur privé, présentement sous enquête administrative et policière, un immeuble patrimonial qu’elle a acquis à très bon compte de la Congrégation des sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie qui avait cru, sans doute à tort, que la vocation éducative de l’institution serait ainsi préservée. La vocation verte et la gestion écologique du flanc nord du mont Royal seraient compromises par une telle vente.
Pour une affaire de gros sous et sous prétexte de développement, l’Université, ou du moins ses administrateurs actuels, cherche à se dérober à ses obligations sociales envers la population et à ses dettes morales envers ses donateurs, autant ceux qui ont financé l’acquisition de l’actuel campus par leurs impôts et les souscriptions publiques de 1920 et de 1947, que les religieuses qui lui ont légué une propriété et un édifice acquis et entretenus grâce aux sacrifices des membres de la Congrégation et à la générosité de ses milliers de bienfaiteurs.
Pour boucler cette transaction qui confine au gangstérisme immobilier et financier, l’Université demande à la Ville de s’y associer par un changement de zonage, et donc de destination de ces immeubles. Déjà, par leur opposition ou leur abstention, une majorité d’élus au conseil municipal ont réussi à reporter cette autorisation éminemment contestable. Souhaitons que l’opinion publique s’émeuve et condamne cette opération indécente, et que nos élus y résistent, puisque l’Université persiste à foncer sans se soucier de son honneur, de sa réputation et de ses obligations fiduciaires envers le bien public.
– René Laperrière


