On lisait cette semaine dans les journaux que le thème de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Vancouver était One inspires many. On pourrait traduire cela librement par «Il ne faut qu’une personne pour en inspirer plusieurs». C’est très louable comme thème, mais encore faut-il que nous la voyions, cette personne. Quand on consulte l’horaire télé de la semaine qui vient, on constate que la couverture des Jeux paralympiques fait pitié. Je parlerais même plutôt d’absence de couverture. Quand on pense à tout le travail qui se fait pour l’intégration des personnes handicapées, il me semble que ces Jeux constitueraient
une tribune incroyable.
Alors que les stations de télévision couvraient les Olympiques presque 24 heures sur 24 (si on peut appeler ça une couverture quand on voit et entend plus souvent des commentateurs analyser les performances des athlètes que les compétitions elles-mêmes), on ne verra les Jeux paralympiques qu’au compte-gouttes. Par exemple, CTV a diffusé les cérémonies d’ouverture samedi au lieu de les présenter en direct vendredi soir et ne diffuse des reportages que la fin de semaine. Quant à V, rien du tout. Même à TSN, il n’y a que des émissions d’une heure 30 ou de deux heures par jour. Pourtant, il me semble que ces chaînes de télévision affirment toujours qu’elles appuient toutes sortes de causes, dont celle des athlètes handicapés. Elles manquent ici une belle occasion de le prouver.
Ça montre bien que, lorsqu’elles disent appuyer les athlètes handicapés, elles pensent beaucoup plus à leur propre visibilité qu’à celle des athlètes. Les athlètes paralympiques méritent notre respect et nos encouragements tout autant que les athlètes olympiques. Alors, pourquoi leur accorder si peu de visibilité.
– Marc Genest, Montréal


