Il est de plus en plus difficile d’avoir une conversation civilisée, intelligente et constructive sur des questions identitaires, surtout lorsque l’on est souverainiste ou nationaliste. Étant les deux, j’ai reçu plus que ma part d’accusations gratuites et mensongères. À en croire de plus en plus de gens, je serais fermé, intolérant, ethnocentriste, sectaire, xénophobe, réactionnaire, raciste
ou fasciste.
Je n’exagère rien. Et ces insultes me paraissent d’autant plus ridicules qu’elles se font de plus
en plus fréquentes et sérieuses. Elles me font de plus en plus peur aussi, car elles semblent vouloir s’imposer comme des idées reçues. C’est du moins ce qui m’apparaît quand je lis le courrier des lecteurs de Métro.
Ces accusations n’ont pas leur place pour deux raisons. D’abord, parce que des termes comme «racistes» ou «fascistes» ont une signification et une histoire très lourdes dont il faut être conscient.
Ouvrez un dictionnaire, une encyclopédie ou, mieux, allez parler à ceux qui, parmi nous (oui! j’ai bien dit «nous») ont vécu la dictature franquiste, l’apartheid, la colonisation ou un génocide quelconque. Demandez-leur si ce qu’ils ont vécu est comparable à la loi 101 ou au projet souverainiste. On peut être en désaccord avec ce qui est fait au nom de l’identité québécoise, mais j’apprécierais que les arguments soient honnêtes.
L’emploi de ces termes est aussi, évidemment, irrespectueux envers les souverainistes et les nationalistes québécois. Nous tentons, de façons diverses, de réclamer pour nous-mêmes ce que nous croyons que tout peuple mérite : le droit de s’affirmer et de choisir sa propre destinée. Nous voulons aussi la dignité qui l’accompagne.
En regardant l’histoire de la survivance québécoise, on réalise que bien peu de peuples peuvent
se vanter d’avoir résisté de façon aussi pacifique, démocratique, respectueuse et légitime. Nous avons le droit d’en être fiers, et cela doit nous inciter à poursuivre dans cette voie.
Dans votre édition de mercredi dernier, l’auteur d’une lettre employait le terme «petit con» pour qualifier un opposant à la présence de groupes de musique anglophones à la fête nationale. J’ignorais que ce type de langage était acceptable dans le cadre d’un débat civique. Et je serais bien surpris que vous me laissiez proférer de telles insultes à l’endroit de ceux qui m’accusent de haine ou d’intolérance.
Julien Fecteau Robertson, étudiant
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Tous les paliers de gouvernement vivent un mal du siècle incurable : le déficit budgétaire.
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