Cette lettre s’adresse au petit con qui a décidé de mettre au ban les artistes qui s’expriment en anglais lors de la fête de la Saint-Jean.
Merci, mais votre «petite fête de famille» ne m’intéresse pas. Vos ceintures fléchées, votre Jean Marie Lepenisme, tout ça me gêne et j’ai de plus en plus de mal à m’expliquer auprès des immigrants, qui nous trouvent fermés, racistes, intolérants.
J’ai beau me dire, leur dire, que vous faites partie d’un tout petit groupe de niais à qui il ne faut pas prêter attention, il n’en demeure pas moins que vous prenez beaucoup trop de place, et le tollé plutôt tiède que votre action suscite au sein de
la majorité m’indique une certaine approbation silencieuse.
Le 24, je fête avec mes amis vénézuéliens, colombiens, mexicains, franco et anglo-québécois, bref, des gens ouverts sur le monde, qui parlent et qui chantent en plusieurs langues. Des gens qui s’intègrent malgré votre refus de leur différence, des gens qui enrichissent notre paysage et qui font de Montréal une ville accueillante, polyglotte, multiculturelle.
Nous sommes la ville de Leonard Cohen, de la famille McGarrigle-Wainwright, de Karen Young et Michel Donato, de Oliver Jones & Ranee Lee, de Suzie Arioli, pour n’en nommer que quelques-uns. Si vous n’avez pas assez de culture et d’ouverture sur le monde pour leur faire de la place, je ne veux pas de votre fête, car elle ne représente pas le Québec. Elle n’est que le reflet de votre étroitesse et de votre ignorance.
- Michael Sévigny