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Les super infirmières arrivent au compte-gouttes sur le marché du travail


AUDREY LAVOIE, MÉTRO
07 janvier 2009 05:00
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En 2006, les 17 premières superinfirmières, ou infirmières praticiennes spécialisées (IPS), ont investi le marché du travail québécois. Le Québec a mis du temps à intégrer l’IPS au système de santé, et il reste du pain sur la planche, aux dires de plusieurs.

Accusant un sérieux retard par rapport aux États-Unis, qui forment des infirmières praticiennes depuis les années 1960, et à l’Ontario, qui peut s’appuyer sur plus de 8 000 IPS, le Québec ne compte aujourd’hui que 37 praticiennes, parsemées dans les hôpitaux de la province.

Spécialisées en cardiologie, en néonatalogie, en néphrologie et en soins de première ligne, les infirmières praticiennes peuvent prescrire des médicaments et des tests de laboratoire, ainsi que faire des points de suture, des traitements de dialyse, etc. «Les infirmières praticiennes font certainement partie de la solution au problème de l’engorgement et des listes d’attente. Pendant qu’elles exécutent certains traitements de routine, elles permettent aux médecins de voir d’autres patients», soutient Francine Gratton, vice-doyenne aux études supérieures et à la recherche de l’Université de Montréal.

Problèmes de financement
Bien que l’implantation des superinfirmières semble être une des solutions pour alléger le fardeau des médecins, l’engouement pour la profession semble être plutôt mitigé, et le nombre d’IPS en formation demeure faible.

Cela s’explique par l’investissement majeur que représente cette formation pour les infirmières. «Pour être admis dans le programme de praticienne, ça prend déjà un baccalauréat et au moins deux ans d’expérience, explique Mme Gratton. Et comme la formation est très exigeante, c’est difficile pour l’infirmière de travailler et d’étudier en même temps.»

Suivre le programme représente donc des coûts importants pour l’infirmière, et il n’y a pas beaucoup de programmes de soutien financier pour les aider pendant les deux années que dure la formation, continue-t-elle.

Manque de vision
De plus, leur entrée sur le marché du travail n’est pas aussi facile qu’elle devrait l’être. Suzanne Durand, directrice du développement professionnel et du soutien à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), déplore le manque de vision du ministère à cet égard. «Il n’y a pas de plan d’effectif pour les infirmières praticiennes, et sans un tel plan, il aucun financement n’est prévu, soutient-elle. Même les universités se demandent combien préparer de praticiennes, puisque nous n’avons aucune garantie que le ministère financera leur embauche après leurs études. C’est donc très difficile de gérer tout ça.»

En effet, bien qu’en théorie, les hôpitaux soient pour l’embauche d’IPS, le financement pose un sérieux problème à court et à long terme, et ce, malgré les pressions faites par l’OIIQ. «On pense réellement que les infirmières praticiennes représentent une plus-value pour l’accessibilité aux soins. Il y a des besoins, il y a de la demande, mais les infirmières praticiennes spécialisées rentrent au compte-gouttes dans les hôpitaux. Chaque fois, les hôpitaux doivent négocier pour avoir l’argent nécessaire et pouvoir en engager une», a estimé Mme Durand.

 

Une formation spécialisée
L'infirmière praticienne spécialisée doit détenir un diplôme de deuxième cycle donnant accès au certificat de spécialiste de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), les attestations de formation prescrites par la réglementation ainsi qu’un certificat de spécialiste de l’OIIQ.

Trois spécialisations sont offertes :

  • Certificat de spécialiste infirmière praticienne spécialisée en cardiologie (cumul de la maîtrise en sciences infirmières (M.Sc.) et du diplôme d'études supérieures spécialisées (cardiologie) en sciences infirmières (DESS) de l’Université Laval ou cumul de la maîtrise en sciences infirmières (M.Sc.) et du diplôme complémentaire d'infirmière praticienne option cardiologie de l’Université de Montréal ou cumul de la maîtrise en sciences infirmières (M.Sc.) et du diplôme d'études supérieures spécialisées (cardiologie) en sciences infirmières (DESS) de l'Université Laval);
  • Certificat de spécialiste infirmière praticienne spécialisée en néonatalogie (Master of Science (Applied) Nurse Practitioner (Neonatology) ou Graduate – Nurse Practitioner (Neonatology) de l’Université McGill);
  • Certificat de spécialiste infirmière praticienne spécialisée en néphrologie (cumul de la maîtrise en sciences infirmières (M.Sc.) et du diplôme d'études supérieures spécialisées (néphrologie) en sciences infirmières (DESS) de l’Université Laval ou cumul de la maîtrise en sciences infirmières (M.Sc.) et du diplôme complémentaire d'infirmière praticienne option néphrologie de l’Université de Montréal).                                        
  • Source : www.avenirensante.com



Tags : formation
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