Ma
chronique de cette semaine porte sur la guerre que les éditeurs de jeux vidéo ont commencé à livrer aux jeux usagés.
Bon, pas bon, la revente de jeux vidéo? Il n’y aucun doute que ça stimule la vente de jeux neufs. Ce n’est pas pour rien que des grandes chaînes comme Best Buy et Future Shop ont emboîté le pas aux GameStop/EB Games, Microplay et autres détaillants spécialisés, avec des promotions très alléchantes pour le rachat de jeux usagés récents lors de la sortie d’une nouveauté.
Cela a un double effet : pousser les ventes de la nouveauté, et refaire son inventaire de jeux usagés avec des titres de qualité. Ces derniers sont ensuite revendus, souvent contre d’autres jeux. C’est une roue qui tourne.
Les éditeurs n’aiment pas. Ils considèrent que le marché secondaire cannibalise le marché primaire : le leur, et le seul sur lesquels ils perçoient un profit. C’est aussi vrai. Comme la location affecte les ventes de jeu, de même que le prêt au beau-frère. Mais ça peut aussi aller dans l’autre sens, en faisant mieux connaître le jeu, ce qui entraîne invariablement des ventes (quand le jeu est bon, en tout cas).
Malgré tout, dans un monde idéal, les éditeurs voudraient garder tout l’argent pour eux. Pour ça, ils doivent convaincre les joueurs que tout le monde doit avoir sa propre copie, et la conserver.
Nintendo l’a compris depuis longtemps, en s’assurant d’avoir des jeux dont la « rejouabilité » est élevé, soit par la longueur de la quête (Zelda), le nombre des secrets à trouver (Super Mario) ou l’inclusion d’un mode multi-joueurs attrayant (Mario Kart, Smash Brothers).
Plus près de nous, les créateurs de Call of Duty ont aussi appliqué la formule à la perfection, de sorte que le prix du premier Modern Warfare s’est maintenu pendant deux ans, jusqu’à la sortie de son successeur en novembre dernier. Mieux : dix millions de fanatiques des matchs à mort en ligne ont sauté sur Call of Duty : Modern Warfare 2 dans les jours qui ont suivi sont lancement, et vont s’accrocher à leur copie jusqu’à la sortie de l’épisode suivant. Activision peut même se permettre de vendre régulièrement du contenu téléchargeable pour son jeu de tir – principalement sous la forme de nouvelles cartes multi-joueurs, de sorte qu’il est devenu une véritable vache à lait.
D’autres développeurs, qui ont eu un peu moins de succès, prennent une route différente : ils donnent du contenu à l’acheteur de la copie neuve. Electronic Arts l’a fait récemment avec Dragon Age : Origins et Mass Effect 2 – c’est l’objet de ma chronique. Jouant sur le terrain de Call of Duty, EA a aussi offert des
cartes gratuites pour son Battlefied Bad Company 2 dès le lancement, avec d’autres qui suivent plus tard dans le courant du mois.
Chez Sony, on offre une
quête supplémentaire chaque semaine pour White Knight Chronicles, jusqu’en juin. Gratuit aussi.
C’est tout un changement de modèle. Après avoir tenté de « traire » les joueurs au maximum avec le contenu télécheargeable, voici que celui-ci pourrait servir à fidéliser la clientèle, sans coût supplémentaire. Tout le monde gagne. Comme quoi la guerre peut avoir ses bons côtés…
Et vive la concurrence!
Ma chronique sur la
guerre aux jeux usagés est ici.