Après une matinée d’ateliers dans la petite baie de Shaftsbury qui s’est conclue par une baignade de groupe dans les eaux glaciales de l’Arctique, les étudiants de Students on Ice ont visité le village de Kimmirut situé au sud de l’Île de Baffin.
Niché au creux des montagnes, les gens de cette communauté d’environ 500 personnes, dont 50 pourcent sont âgés de moins de 18 ans, nous ont accueillis très chaleureusement. Après une visite guidée du village, accompagnée de nombreux enfants du centre d’interprétation et du centre d’artisanat local, les habitants de Kimmirut ont dépecé un phoque chassé la veille afin de célébrer notre visite. Les étudiants et experts de l’équipe de Students on Ice ont donc eu la chance de goûter différentes parties du phoque crû, un met inuit très populaire.
La plupart des membres du groupe ont apprécié déguster la viande très douce et tendre du phoque. Malgré la courte durée de cette visite, ce fût inoubliable. Plusieurs se sont liés d’amitié avec des Inuits et n’ont pas hésité à échanger sur leur culture et mode de vie.
Finalement, la visite du village de Kimmirut s’est terminée par une démonstration de chants de gorge, de danse avec un tambour traditionnel inuit et de jeux inuits. La tradition des sports inuits remonte à l’époque où les Inuits vivaient dans des igloos.
Lorsque les nuits sans fin s’installaient et les blizzards empêchaient les chasseurs de sortir des igloos, ils pratiquaient ces sports à l’intérieur afin de garder une excellente forme physique. C’était une question de survie puisque la chasse et la pêche en hiver étant très difficiles dans l’Arctique, il était impératif que les hommes aient la force de marcher de très longues distances dans des conditions extrêmes pour nourrir leur famille.
La pratique de ces sports exigeants physiquement et demandant beaucoup de concentration avait aussi pour but d’aider les Inuits à supporter mentalement les conditions parfois difficiles et auxquelles ils devaient faire face.
Aujourd’hui, les jeunes Inuits apprennent ces sports traditionnels des « anciens » à partir de l’âge d’environ cinq ans pour perpétuer les traditions. Plusieurs compétitions sont organisées toute l’année entre les communautés et régions, et le tournoi ultime, les jeux d’hiver de l’Arctique, présente neuf compétitions dont le « one foot high kick » qui consiste à sauter dans les airs pour frapper une balle avec le pied, pour ensuite atterrir sur ce même pied sans perdre l’équilibre. Certains athlètes peuvent frapper des balles à plus de huit pieds du sol.
Par Johnny Issaluk, Iqaluit (Nunavut)