Cette année, ma tournée mondiale m’a mené dans plus de 180 villes. Peu importe où je me trouvais, d’Aberdeen à Auckland, une chose m’étonnait constamment : l’air climatisé.
Dans presque tous les hôtels où je suis descendu, les climatiseurs crachaient un froid polaire. La plupart du temps, il aurait été tout aussi simple (et moins néfaste pour l’environnement) d’ouvrir une fenêtre. Pour moi, l’air climatisé est un rappel, petit, soit, mais révélateur du luxe auquel notre ère de prospérité nous a habitués, mais dont nous pourrions souvent nous passer.
Certaines choses, comme les VUS, le poisson pêché à l’autre bout du monde et les essuie-mains jetables, améliorent à peine la vie quotidienne et, qui plus est, causent des dégâts terribles à la planète.
Quand je lis des articles sur le ralentissement économique dans des journaux comme Métro, je me demande si une nouvelle aussi funeste peut avoir de bons côtés. Serait-il possible, après une période de consommation excessive, de réduire un peu l’utilisation d’objets superflus et de donner à notre planète essoufflée un peu de répit?
Je sais que vous êtes nombreux à lever les yeux au ciel lorsque vous entendez une personne célèbre prêcher pour l’environnement ou toute autre cause, ou encore venir à la rescousse des bébés phoques. (Je n’aime pas faire la morale et, contrairement à ce que vous avez pu lire dans les tabloïds, je ne me considère pas comme une vedette.) En tant que militaire et musicien, j’ai eu le privilège de voir certaines richesses naturelles de la planète.
Malheureusement, j’ai aussi vu la manière dont on les endommage en larguant des bombes et en construisant des centres commerciaux. Je ne prétends pas être un spécialiste de l’environnement, mais j’apprends. Avant chacun de mes concerts, nous présentons des séquences du documentaire remarquable Une vérité qui dérange, réalisé par l’ancien vice-président Al Gore. J’ai installé des panneaux solaires chez moi, et nous plantons un arbre pour chaque billet de spectacle vendu en ligne.
Je suis un militant du Big Ask, une campagne des Amis de la Terre qui vise à forcer les gouvernements à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone, la principale cause du réchauffement climatique. Grâce à cet organisme, l’Union européenne débat d’un projet de loi qui obligerait les pays membres à diminuer leurs émissions de 20 % d’ici 2020.
S’il est approuvé, il deviendra le plan le plus ambitieux du monde. Qui sait, il pourrait peut-être convaincre les États-Unis, la Chine et d’autres pays de faire de même.
Certains politiciens attirent l’attention sur l’économie et affirment que le temps est mal choisi. Je crois qu’ils ont tout compris de travers. On ne peut pas se permettre d’attendre plus longtemps. Le réchauffement climatique est un problème qui ne fera qu’empirer. Plus on retarde, plus les solutions seront coûteuses.
En vous joignant au Big Ask, vous pouvez rappeler aux dirigeants que l’environnement ne devrait pas dépendre des marchés boursiers. Et une dernière chose : avant de mettre votre climatiseur en marche, voyez si vous ne pouvez pas plutôt ouvrir une fenêtre.