Offertes depuis peu au Québec par l’entremise des boutiques spécialisées ou par le web, les couches jetables biodégradables peuvent aussi représenter une option intéressante.
Alors que les bedons ronds et les poussettes se multiplient à vue d’œil au Québec, augmentation des naissances oblige, une question surgit inévitablement : quelle quantité de couches ces petits chérubins vont-ils utiliser? La réponse : pas moins de 600 millions, soit 60 000 tonnes de couches qui prendront le chemin des sites d’enfouissement de la province.
Mais de plus en plus de parents optent pour les couches lavables en coton, en bambou ou en chanvre. C’est une question d’économie et d’écologie. Entre le côté pratico-pratique des couches jetables et la corvée que peut représenter les couches lavables, pas toujours facile de trancher.
Évelyne Laverdière, maman du petit Maxime, 18 mois, dit avoir fait le choix des couches lavables d’abord et avant tout pour l’environnement. «Plus que pour l’économie… On met des enfants au monde, il faut leur laisser une belle planète, croit-elle. En plus, comme il n’y a pas de produits chimiques dans les couches, c’est plus sain. Mon fils n’a jamais eu la peau irritée. Et puis, si tu les entretiens bien, les couches lavables sont bonnes pour trois ou quatre enfants… Ce qui fait encore moins de déchets!»
Mais Fanny Longpré, maman de Jean, un beau garçon de neuf mois, a plutôt opté pour les couches jetables. «Mon conjoint et moi, on s’inquiétait de l’utilisation de l’eau qu’impliquent les couches lavables. On n’a pas de sécheuse, question d’économie d’énergie, alors on se disait que ça prendrait une quantité astronomique de couches lavables pour y arriver. Et question coût, on ne trouvait pas vraiment ça plus économique, quand on tient compte de l’eau et de l’énergie que ça prend», expose-t-elle.
Matériaux polluants
Pour Brenda Plant, la codirectrice d’éthiquette.ca, la balance penche inévitablement en faveur de la couche réutilisable. «La production de couches jetables implique l’utilisation de plusieurs matériaux polluants, comme le plastique et les produits chimiques qui forment la couche absorbante, et de beaucoup d’eau, explique-elle.
De plus, lorsque la couche se retrouve dans les dépotoirs, elle permet, par les selles et les urines, la prolifération de virus et de bactéries qui peuvent s’étendre dans les cours d’eau.»
La couche jetable prendra entre 200 et 500 ans à se décomposer, tandis que la plupart des déchets engendrés par une couche réutilisable se dégraderont en 50 à 150 jours. En outre, ces déchets ne risquent pas de contaminer quoi que ce soit, puisqu’ils seront traités par le système d’égouts.
Lavez, lavez
«Bien sûr, il faut laver souvent les couches réutilisables. C’est de l’ouvrage! On doit aussi utiliser de l’électricité et de l’eau en grande quantité. Mais on considère qu’au Québec, notre électricité est produite de manière assez propre, contrairement à d’autres énergies, et l’eau est abondante. Les couches lavables représentent donc un choix plus écologique», poursuit Mme Plant, qui a elle-même opté pour cette solution.
Une couche jetable nécessite, à elle seule, 120 m3 d’eau pour sa fabrication. En contrepartie, il faudra 83 m3 d’eau pour laver une couche réutilisable durant toute sa vie utile, qui est de deux à trois ans.
De plus, l’achat de couches lavables stimule l’économie locale. En effet, de nombreuses PME ont vu le jour au Québec au fur et à mesure que l’intérêt pour celles-ci grandissait. Ainsi, on fait d’une pierre deux coups en réduisant aussi l’impact environnemental du transport des couches.
www.merehelene.com/fr
www.laloba.ca
www.calinsetpopotin.com
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