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Star Académie et la scène musicale québécoise : À chacun sa mission

  Osaimages

«Star Académie est vue comme une voie de promotion qui n’est pas à la portée des artistes dits émergents ou indépendants», soutien Steve Marcoux, de la SOPREF.


Publié: 04 mars 2009 00:00
Mis à jour: 03 mars 2009 21:58
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Chaque nouvelle mouture de Star Académie ranime un vieux débat. D’un côté, les amateurs du genre saluent le retour de l’une des rares émissions de variétés à occuper les ondes de la télévision québécoise. De l’autre, les détracteurs se font une joie de critiquer un concept qui, selon eux, accouche de «stars préfabriquées formatées pour les radios FM».

Il reste pourtant une part de l’auditoire qui se questionne. Quelle relation entretient la scène musicale québécoise avec Star Académie? L’émission donne-t-elle un coup de main à la scène locale en faisant, chaque semaine, la promotion de la chanson auprès de quelque deux millions de téléspectateurs, ou la machine qui pousse l’Académie risque-t-elle au contraire d’étouffer les artistes émergents?

«Star Académie prend beau­coup de place dans l’empire Quebecor, mais je ne pense pas qu’elle prenne tant d’espace que ça à l’extérieur, a no­té en entrevue à Métro Nico­las Tittley, animateur et chroniqueur à MusiquePlus. Il y a de la place pour autre chose.»

L’arrivée en ondes d’émissions consacrées à la musi­que, notamment à Radio-Canada, où Studio 12 et M pour musique ont été ajoutées à la programmation, promet une place de choix aux artistes plus marginaux qui n’ont pas leur place sur le plateau de Star Académie.

Le succès de l’émission pilotée par Julie Snyder n’a d’ailleurs pas entraîné un affaiblissement de la scène indépendante. Plusieurs artistes, dont Pierre La­pointe, Ariane Moffatt et Vincent Vallières, se sont taillé une place fort enviable en parallèle du phénomène Star Académie.

«Ce qui est bon de tout mouve­­ment “on”, c’est qu’il produit immanquablement un mouvement “off”, a expliqué Stéphane Laporte, con­cepteur de la version québécoise de Star Aca­démie. En réaction à l’arrivée de Star Académie, en 2003, il y a des gens qui se sont tournés vers des artistes qui n’avaient pas pris le chemin de l’académie.»

Les artistes indépendants qui tentent de se bâtir une carrière ne peuvent toutefois pas  ignorer les impacts de Star Aca­dé­mie.

«Pour certains, Star Acadé­mie n’a absolument aucun effet, a indiqué Steve Ma­rcoux, directeur des communications de la Société pour la promotion de la relève mu­si­cale de l’espace francophone (SOPREF). Mais pour les ar­tistes plus pop, l’effet se fait sen­tir, c’est certain. Pour eux, il est impensable de se produire en spectacle dans certains endroits le dimanche soir, sauf s’ils sont prêt à affronter une salle vide.»

Aider la relève?
Les artistes de la relève ont rarement droit à une vitrine aussi exceptionnelle que Star Académie en début de carrière. Le choix des invités du gala dominical, où Patrick Bruel, Michel Fugain et Céline Dion ont défilé depuis trois semaines, peut ainsi soulever la question de l’intégration des artistes émergents, qui pourraient y profiter d’une visibilité accrue.

«Penser que Star Académie doit quelque chose aux ar­tistes émergents, c’est être à côté de la plaque, a affirmé Nicolas Tittley. Star Acadé­mie fait un show grand public. C’est une émission consensuelle, rassembleuse, faite pour que Mon­sieur et Madame Tout-le-monde s’y retrouvent. Ça n’a rien à voir avec la scène des Cowboys fringants ou de Malajube. Ce sont deux mondes.»

La SOPREF croit toutefois que l’intégration d’artistes plus marginaux à l’offre de Star Académie ne devrait pas être exclue.

«Il serait intéressant et bénéfique pour la diversité culturelle et le rayonnement de l’éventail culturel qu’il y ait une place pour la scène émergente ou indépendante à l’émission», a précisé M. Mar­coux.

Selon plusieurs, les artistes émergents qui aspirent à vivre de leur art n’ont toutefois pas à attendre l’appel de l’Académie. La vitalité de la scène locale et la place accordée à la relève par des événements comme Pop Montréal, l’Initiative musicale internationale de Montréal (MIMI), les FrancoFolies et M pour Mont­réal permettent à la métropole de peindre, depuis quelques années déjà, un paysage musical plus diversifié, plus éclaté et plus exportable que jamais.


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