Dans ces pages, Steven Guilbeault se demandait hier pourquoi je prône un plafond et un système d’échange afin de mettre un frein aux émissions de gaz à effet de serre, plutôt qu’une taxe sur le carbone. La réponse est très simple : lorsqu’il s’agit des changements climatiques, le temps presse, et il faut choisir un système qui a fait ses preuves. Mais ne vous trompez pas, le NPD est résolu à fixer un prix au carbone.
À cause des années d’inaction de la part des libéraux et des conservateurs relativement aux changements climatiques, le problème est plus urgent. Toutefois, alors que des gouvernements canadiens successifs ont traîné les pieds, des gouvernements d’autres pays ont pris des mesures pour remédier au problème. Ils ont essayé plusieurs approches différentes et les résultats sont frappants : un plafond et un système d’échange constituent l’approche la plus efficace.
L’Union européenne, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le protocole de Kyoto de l’ONU, la Coalition du budget vert et même Barack Obama et Hilary Clinton prônent tous un plafond et un système d’échange.
Il faudrait attendre des années pour qu’une simple augmentation des taxes modifie le comportement des consommateurs. Puisque notre proposition, celle d’un plafond et d’un système d’échange, impose des limites strictes aux grands pollueurs, son impact sera immédiat.
Qui plus est, un plafond et un système d’échange constituent une solution équitable. Cette approche cible les grands pollueurs, soit les grandes entreprises qui génèrent la plupart des émissions de gaz à effet de serre du Canada, tandis qu’une taxe sur le carbone porte atteinte de façon disproportionnée aux gens à faible revenu et habitant les régions rurales, qui ont déjà du mal à payer le chauffage de leur maison. Un plafond et un système d’échange génèrent des recettes de la part des grands pollueurs. Ces fonds seront réinvestis dans des solutions vertes innovatrices, dans le but d’aider les familles à consommer moins d’énergie.
Conjointement avec des mesures incitatives pour améliorer l’efficacité des maisons et des édifices, des normes obligatoires en matière de rendement du carburant, et de nouvelles normes de construction favorisant plus d’efficacité, un plafond et un système d’échange nous permettront de faire les changements dont nous avons besoin pour nous attaquer aux changements climatiques.
Les changements climatiques constituent le plus important danger pour le monde aujourd’hui. Le temps presse et il faut choisir un système et une approche qui ont fait leurs preuves et qui se sont avérés efficaces dans d’autres juridictions. Nous savons qu’un plafond et un système d’échange fonctionnent. Il est temps d’adopter cette approche.
Jack Layton, chef du Nouveau Parti démocratique